La culture de l’exil est ancienne en Grèce où les chansons d’exil (en grec tragoudia tis xenitias) constituent un genre musical. Ces chansons se réfèrent à une grande variété de situations, comme les migrations économiques vers l’Amérique ou l’Australie, le travail saisonnier des villageois à l’autre bout de l’Empire ottoman, l’arrivée des réfugiés d’Asie Mineure suite à l’échange de populations de 1923, le départ des jeunes mariées de leur foyer paternel, ou encore le départ vers l’autre monde (la mort). Aujourd’hui ces répertoires chantés de l’exil connaissent un renouveau dans un contexte où la Grèce devient également un pays d’accueil. En prenant des exemples de chansons de différentes régions et époques, cet article pose les bases d’une réflexion autour de la narration de l’exil en chanson.
The culture of exile is deeply rooted in Greece, where exile songs (in Greek, tragoudia tis xenitias) form a distinct musical genre. These songs refer to a wide range of situations, such as economic migrations to America or Australia, seasonal work of villagers at the other end of the Ottoman Empire, the arrival of refugees from Asia Minor following the population exchange of 1923, the departure of young brides from their parental homes, and even the journey to the afterlife (death). These sung repertoires of exile are experiencing a revival in a context where Greece is also becoming a host country. By examining songs from various regions and periods, this article aims to lay the groundwork for a reflexion on the narration of exile through songs.